Vivre chez ses chats : adoption en SPA, recueillir des chatons sauvages, mes conseils pour adopter !

Ah les chats… ces boules de poils qui nous font tant craquer. Qui n’a jamais cédé au charme d’un petit chaton ? Qui n’a jamais envié un après-midi cocooning sous un plaid, bercé par les ronrons de minou ?

Loin de moi l’idée de te cacher que c’est clairement ce dont j’avais envie en pensant à adopter un chat. Nous venions d’emménager ensemble avec mon chéri et nous avions récupéré Koda. Ce dernier manifestait son ennui quand nous étions absent par un côté bien destructeur. Je me suis dis, intérieurement, qu’un peu de compagnie ne lui ferait pas de mal. 

C’est ainsi qu’un samedi de mai, sur un coup de tête, j’embarque ma copine Maë au Refuge de l’Angoumois, à la recherche d’un nouveau partenaire de vie !

Shuri aka Gros Chat

Arrivées sur place, le refuge grouille de monde. On est accueilli par la responsable de la chatterie et je lui fait part de mon souhait d’adopter un chat. Elle nous parle d’une petite minette présente à l’accueil. Il s’agit de Nougatine. Elle a environ un an et, trouvée dans la rue, elle vient d’arriver au refuge. Elle est isolée car elle a une maladie très contagieuse : le coryza. Nougatine est très vive dans sa cage, elle essaie même de jouer avec les chiens qui passent à côté, pour ne pas dire qu’elle leur met des bon coups de pattes pour se faire remarquer ! La responsable de la chatterie nous amène voir les autres chats mais, mon cœur s’est déjà pris d’amour pour Nougatine.


Je ne pensais pas que les procédures d’adoption était aussi rapide. En même temps il faut dire que les refuges sont tellement pleins à craquer que, dès qu’ils sentent que les personnes sont sérieuses, ils n’hésitent pas à placer leurs animaux. Ils m’ont même donné une boite de transport et une litière. C’est dire que la place est précieuse en SPA… Nous revoilà donc partis avec Nougatine, pour un essai à la maison de 15 jours avant adoption définitive. 

Shuri le jour de son arrivée à la maison

« SURPRISE et joyeux anniversaire » dis-je en arrivant à la maison…

Non je n’avais pas averti mon copain… Et NON ce n’est pas un bon exemple. Un animal n’est PAS un cadeau et l’adoption est un acte réfléchi. La décision de prendre un chat aurait du se faire à deux !

Bien heureusement il est content de voir arriver Nougatine. Nous suivons les conseils reçus et nous plaçons la cage en hauteur avant de l’ouvrir. Nougatine sort très rapidement et se familiarise avec son nouvel environnement très vite ! Elle joue même avec Koda, qui se montre particulièrement patient avec elle !

Après l’excitation de l’arrivée de notre nouvelle protégée, vient l’heure de déchanter. Nougatine que nous rebaptisons Shuri, en hommage au fort caractère de la soeur de Black Panther, est malade. Son coryza était encore bien virulent et projetait du mucus partout (miam) quand elle éternuait. Nous avons du nous rendre chez le véto partenaire du refuge pour qu’elle suive un nouveau traitement. En plus de ça, Enzo et Shuri ont tissé des liens très rapidement alors que notre relation ne prenait pas. J’avais l’impression qu’elle ne m’appréciait pas, et donc d’avoir fait une erreur. Sans oublier les contraintes majeures liées à la présence d’un chat en appartement : les poils et la litière.

Malgré tout, nous nous sommes attachés à elle et nous avons fait le choix, ensemble cette fois, de la garder parmi nous ! Nous avons adopté officiellement Shuri le 20 mai 2018.

Saka aka Petit Chat

Au mois d’octobre 2018, une copine de l’IUT envoie la photo de chatons sur une conversation de groupe. Une minette sauvage, qui a élu domicile à la résidence universitaire, a mis bas il y a quelques semaines et ses chatons commencent à sortir de leur cachette. Nous avons toute conscience que ces chatons sont voués à un destin peu joyeux et qu’ils risquent de poser des problèmes… La prolifération des chats sauvages est un réel enjeu, en une année, une femelle peut faire 3 portées, soit environs 12 chatons. 12 chatons qui, à leur tour, sont susceptibles de mettre au monde des chatons, et ainsi de suite.. 

Photo originale des p’tits chatons à la cité U

Nous décidons de les attraper tant qu’ils sont encore jeunes et peu réactifs. Nous prenons contact avec des associations qui sont toutes pleines à craquer après la vague d’abandon de l’été. Aucunes ne peut les accueillir. Les chatons avaient les yeux qui coulaient et l’une d’eux semblait avoir des troubles neurologique. Sa tête oscillait de droite à gauche, elle marchait de manière circulaire et se cognait partout. Le dilemme est simple : soit nous contactons la fourrière pour qu’ils récupèrent les chatons, au risque qu’ils soient euthanasiés, soit nous les prenons en charge nous-même.

Le choix a été vite fait : hors de question de prendre le risque que les chatons soient euthanasiés. Surtout qu’aux vues de leurs couleurs, ils avaient des chances de trouver une famille.

L’Association pour la Défense des Droits du Chat en Liberté d’Angoulême nous propose de prendre en charge la première visite véto des chatons. Ce qui permettra entre autre de déceler des maladies potentiellement dangereuse et de déterminer si nous pourrons accueillir les chats chez nous sans compromettre la santé de Shuri. Les chatons, malgré leur conjonctivite, ne présentent aucun symptôme de maladies plus graves et rejoignent donc la maison. Ils sont âgés d’environ 6 semaines, et ont encore besoin de rester ensembles jusqu’à l’a fin du sevrage !

Les premiers temps nous n’osions pas laisser Shuri avec eux parce que nous ne comprenions pas son comportement. Elle les mordait et avait l’air violente avec les chatons. En réalité, elle se comportait comme le ferait une mère avec ses propres petits. Shuri a donc joué un rôle clef auprès d’eux. Les quatre monstres, que nous avons surnommés Le Petit Gris, L’Isabelle, Felix (oui, original) et Gogolita, ont pris rapidement confiance avec nous. Nous avons pu les garder ensemble et avec une maman de substitution jusqu’à la fin du sevrage.

Bon, je laisse les détails sur les crises de coryza qui sont apparues sur tous les chatons un à un, qui nous ont coûté l’annulation d’une adoptante, qui refusait de nous aider pour les soins, et des allés-retour chez le véto (au passage, un bon morceau de nos bourses) pour un autre article !

Malgré tout, nous avons réussi à trouvé de super familles pour 3 des 4 chatons ! Et puis, dans tout ça, nous nous sommes beaucoup attachés à Gogolita et nous avions peu envie de la laisser partir. D’ailleurs, je crois même que Shuri aussi s’était attachée à elle. Elle est donc restée avec nous et se nomme aujourd’hui Saka. Ses troubles neuro sont encore présent mais bien moins intense que quand elle était chaton.

Régulièrement, j’ai des nouvelles de Ohana (L’Isabelle), adoptée en région parisienne et de Haru (Le Petit Gris), adopté à Angoulême. Malheureusement, Oggy (Felix) est décédé quelques mois plus tard après son adoption d’une maladie incurable.

Haru aujourd’hui
Oggy
Ohana aujourd’hui

La vie chez Petit Chat et Gros Chat

Tout les parents de chats le savent, à partir du moment où leur chat devient grand, votre maison devient SA maison et vous vivez donc chez lui ! x)

Vivre avec des animaux est un privilège indescriptible. Malgré tout, ce n’est pas tous les jours facile car, être responsables de deux petits êtres vivants représente une sacrée charge mentale. Ramasser des petites crottes quasi quotidiennement, donner à manger, aspirer les poils, nettoyer les bêtises, consacrer un budget soins véto et nourriture… 

S’ajoute aux frais véto lambda, les soins liés au coryza. Shuri et Saka souffrant de coryza chronique, il arrive régulièrement qu’elles nous fassent des rechutes. Des crises qui nécessitent des soins qui peuvent se révéler coûteux selon l’intensité. 

Bon, si je parlais du négatif en premier, c’est évidemment pour finir sur une note bien plus positive ! 

Nous avons la chance de pouvoir grandir et évoluer au quotidien avec des êtres sensibles et épatants. Arriver chez soi et être accueilli par deux boules de poils qui t’attendent à la porte est un bonheur indescriptible. Je me surprends encore à observer mes chattes avec fascination. J’adore les voir jouer, communiquer et se témoigner de l’affection. Nos deux chattes sont inséparables, et Petit Chat semble perdue quand Gros Chat disparaît trop longtemps de son champ de vision.

Ce qu’il faut savoir avant d’adopter un animal 

On a souvent tendance à ne penser qu’aux choses positives que peuvent nous apporter la vie avec des animaux. Même si cela représente beaucoup de bonheur, il y a énormément de choses à prendre en compte avant d’accueillir un chat. Voici ce à quoi j’aurais du penser avant d’adopter nos chattes :

  • Les animaux sont des êtres vivants, attention scoop : ils ont besoin de se nourrir et de boire quotidiennement. Il faut être certain de pouvoir répondre à ce besoin primaire tous les jours, d’un point de vue financier, mais aussi, être présent pour remplir les gamelles.

  • Il est de la responsabilité des maîtres de faire identifier son animal pour qu’il puisse vous être ramené si il venait à s’égarer. Il faut savoir que l’identification des animaux domestiques est obligatoire depuis 1999 pour les chiens et 2012 pour les chats et représente un coût. Après tatouage ou puçage de votre animal, il sera identifié dans l’I-CAD et vous recevrez sa carte d’identité attestant que vous êtes son propriétaire.

  • En plus d’un budget nourriture, il faut prévoir un budget soins pour son chat. En premier lieu pour les vaccins (vivement conseillé), la stérilisation (à mon sens, plus que nécessaire chez les chats), les vermifuges, mais aussi pour les imprévus (accidents, maladie).

  • Comme nous, les animaux ont besoin d’espace. On pense souvent à tord qu’un chat dans un appartement c’est préférable comparé à un chien mais ce n’est pas toujours le cas. Il faut évidemment se poser la question de l’espace nécessaire à chacun pour évoluer sans se marcher dessus. Très routinier, le chat a besoin de repères fixes pour se sentir serein. Il faut lui trouver un espace pour sa nourriture, son dodo, sa litière et également des perchoirs en hauteur. En fonction de son caractère et de son vécu, il faudra lui prévoir un accès a l’extérieur.

  • Un animal n’est pas un cadeau. Même si la personne exprime le fait qu’elle aimerait adopter un animal, la décision d’en accueillir un lui appartient. Elle peut avoir mille raisons de ne pas sauter le pas et prendre le risque de lui offrir un animal, c’est potentiellement un abandon de plus en refuge.

Baby Saka pendant la sieste !

Mes conseils pour adopter en refuge

Si tu as déjà bien réfléchi à tout cela et que tu as le coeur d’offrir une nouvelle vie à un rescapé, voici mes conseils pour réussir une adoption en refuge.

  • Prendre la décision d’adopter se fait avec tous les habitants de la maison pour être certain que chacun puisse se préparer à l’arrivée d’un nouveau membre de la famille.

  • Visite plusieurs refuges afin de te sentir en confiance avec le personnel. Les liens avec ces derniers est important car ils seront ton médiateur avec ton futur compagnon !

  • Passe du temps in situ avec les animaux pour trouver celui avec qui tu t’entends le mieux.

  • Prépare ta maison à l’arrivée de ton animal : détermine ses espaces nourriture, repos et un coin litière. Bien évidemment, ces espaces seront susceptibles d’évoluer en fonction de ses envies.

  • Si possible, emporte un élément du refuge que ton chat apprécie particulièrement (coussin, jouet) pour qu’il ait un repère olfactif familier avec lui. Propose au refuge de le remplacer par un objet neuf dont tu leur fera don en échange.

  • Les chats ont besoin de temps pour s’adapter à leur nouvel environnement et ont parfois besoin de le découvrir petit à petit. Si nécessaire, ne lui donne accès qu’a un nombre de pièces limités et élargi son espace au fur et à mesure de son adaptation.

  • Si le chat ne s’acclimate pas ou que les liens ne se tissent pas entre vous, n’hésite pas à en parler aux membres du refuge qui pourront te guider ou même te proposer un chat avec lequel tu t’entendras mieux. Les contrats « en cours d’adoption » sont fait pour ça ! Nous sommes tous des êtres vivants avec des caractères différents nous ne pouvons pas nous entendre avec tout le monde. Il n’y a aucun mal à cela. On ne vous forcerait pas à vivre avec un être humain avec lequel vous ne vous entendez pas alors c’est pareil avec les animaux !

  • Une fois la période d’essai passée, prévois un budget pour les frais d’adoption qui s’élèvent à environ 150€. Ce prix comprend généralement les vaccins, les vermifuges, l’identification et la stérilisation de l’animal. Il dépend évidemment du refuge et de l’âge de ton chat. Si il est trop jeune pour être stérilisé il faudra s’engager à le faire quand il sera en âge (et le refuge s’assurera que tu as suivi tes engagements).

  • Et enfin, sois attentif à ses besoins, et donne-lui beaucoup d’amour !
Shuri pendant ses sorties printanières.