Mon expérience avec la pilule contraceptive.

Même avec tout le mal que je me suis donné pour l’éviter, la pilule contraceptive s’est initiée sournoisement dans ma vie. Dans un post instagram, je te racontais à quel point j’avais souffert et subi ma contraception. Aujourd’hui, je vais te raconter pourquoi la pilule a changé ma vie et comment elle a mis mon corps sous silence pendant un an.

Comme beaucoup de jeunes personnes menstruées, j’ai rencontré quelques petits (gros) désagréments avec mes cycles à l’adolescence. Lors d’une consultation avec une sage-femme, je lui fais part de mes règles irrégulières, douloureuses, de mon corps qui changeait et gonflait pendant mes périodes, de mes maux de dos et mes migraines. Au delà du fait qu’elle m’explique qu’il est bien normal de souffrir des règles à mon âge, et que la régularité viendra avec le temps, elle me propose néanmoins une solution miracle : la pilule. Du haut de mes 16 ans, je suis ferme : « non, je n’en ai pas besoin et en plus, je suis contre les hormones de synthèse ! ». Même si je savais pas encore trop ce que je racontais, j’avais déjà été sensibilisée en cours de SVT. Je connaissais les potentiels dangers de l’effet cocktail hormones tabac et je n’avais pas trop envie de m’ajouter le stress supplémentaire de la prise quotidienne.

On ne m’a plu reparlé de la pilule pendant plusieurs années et ce n’est qu’à l’été 2018 qu’une gynécologue me fais revenir sur mes choix.

Cinq mois plus tôt, je me décidais à prendre ma première contraception pour arrêter le préservatif avec mon chéri. Étant fermement contre les hormones depuis mon adolescence (toujours sans vraiment savoir pourquoi), j’opte pour, ce que je pense être, la seule contraception sans hormone fiable : le Dispositif Intra Utérin au cuivre (ou stérilet au cuivre). S’en est suivi une longue période de calvaire : règles hémorragiques et douleurs utérines et abdominales vives, je supporte le stérilet tant bien que mal pendant six mois avant de prendre rendez-vous pour me le faire retirer.

Et c’est à ce fameux rendez-vous que la gynécologue de ma maman me redirige vers les contraception hormonales. Prise un peu au dépourvu, mal-informée et ne pouvant pas rester sans contraception, j’opte pour ce que je considère le « moins pire » à mon sens : la pilule œstroprogestative mini-dosée Optilova.

Dès mon premier mois sous pilule, j’ai commencé à ressentir des effets secondaires. Le premier a apparaitre a été le changement d’humeur fréquent et les émotions en dent de scie. J’ai d’abord eu le reflex d’en parler avec mon médecin généraliste qui m’a certifié que « cela ne venait pas de la pilule » et que c’était la période, que « ça allait passer ». Sans réponse à mes maux, je prends sur moi en me disant que ma docteur avait probablement raison et que ça passerait aussi vite que c’est arrivé.

Et puis les autres effets secondaires sont arrivés à la queuleuleu, mes migraines devenaient de plus en plus intenses, je m’enfonçais dans un état dépressif en ressentant de plus en plus d’émotions négatives. La prise de poids est arrivée aussi dans les premiers mois de la prise. Et puis, très vite, ma libido a disparu, laissant place aux sècheresses vaginales et aux mycoses, ce qui a rendu les (rares) rapports avec mon chéri assez compliqués. Telle est l’ironie de la pilule contraceptive : sensée faciliter notre vie sexuelle, elle a transformé la mienne en chemin épineux.

Entre tout ces symptômes, le plus insurmontable a probablement été d’être déconnectée de mes sensations corporelles. Mon cycle était éteint, j’étais comme étrangère à mon corps. Je ne comprenais absolument pas ce flot d’émotions négatives qui émanait de moi. Mes peurs et mes angoisses ont été amplifiées jusqu’à en modifier mon comportement : je devenais irritable et j’ai mené la vie dure à mon chéri.

Au bout d’un an, ne supportant plus les effets de la pilule. J’ai pris rendez-vous chez une sage-femme, en espérant cette fois être écoutée. C’est elle qui m’a expliqué le fonctionnement des contraceptions hormonales et, comme je ne voulais plus continuer Optilova, je suis repartie avec une ordonnance pour des anneaux vaginal. C’était pour moi l’occasion de me débarrasser une bonne fois pour toute de la pilule ! Même si les anneaux ne diffusent des hormones que localement, j’ai quand même eu des effets non-désirés avec. Comme quoi, mon corps ne voulait définitivement aucune contraception ! C’est alors que j’ai décidé de l’écouter, ce corps. Pendant mon séjour au pair, j’ai profité de ces 3 mois sans mon chéri pour arrêter toute contraception et apprendre une méthode d’analyse de cycles (on en parlera dans un autre article).

À ce jour, cela fait un an que je me suis libérée des contraceptions hormonales. C’est un chemin périlleux, mon corps a du mal à s’en remettre. On m’a récemment diagnostiqué un Syndrome des Ovaires Polykystiques mais pour rien au monde je ne souhaite reprendre la pilule.


Note : Il est important de préciser que nous sommes tous et toutes différents, que rien n’est plus personnel que le corps et que mon expérience avec la pilule n’engage que moi. Si toutefois tu rencontres des problèmes avec ta contraception, il est important que tu sois à l’écoute de ton propre corps ! Si il a bien un conseil que je peux te donner c’est de t’entourer de professionnels de santé qui sauront t’écouter et ne remettront pas en doute tes symptômes. Ta contraception est censé de faciliter la vie, pas devenir une charge mentale et émotionnellement négative !


Un post sur le fonctionnement du cycle menstruel et de la pilule contraceptive sont en préparation et paraitront prochainement sur mon compte instagram. Je t’invite vivement à prendre connaissance du post ci-dessous sur l’appareil génital féminin pour bien comprendre les posts à venir !

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